Effet loupe

Rédigé par Nathalie LEGRAND - - Aucun commentaire

À travers cette chronique, je souhaitais revenir sur le salon sur lequel j’ai consacré mon précédent billet d’humeur. Effectivement, je pense que ce genre de manifestation sur le bien-être à laquelle j’ai participé en juin dernier a la particularité d’apporter un effet loupe à spectre restreint sur l’état actuel de notre société. De nombreuses personnes majoritairement féminines sont à la recherche d’un bien-être. Il existe, en ce sens, plusieurs cas de figure. Certains briguent le bien-être pour apaiser un mal, une gêne plus ou moins persistante comme la peau sèche, l’eczéma. D’autres anticipent et sont ainsi en quête d’un mieux-être en vue d’un événement particulier tel qu’un examen à venir. Quelques-uns encore testent et achètent autant convaincus par la verve et les boniments aiguisés du démonstrateur que par les bienfaits de la lotion importée d’un autre continent (au diable la conscience écologique ). Ce que je souhaite surtout soulever à travers ma réflexion, c’est qu’une majorité de visiteurs arpentant les allées de ce salon était en demande de solutions quasi immédiates, infaillibles et consommables.

Loin de moi l’idée de mettre en doute l’efficacité des produits proposés ainsi que leurs bénéfices apportant sans doute un aspect instantané de réconfort, d’assurance voire de confiance en soi. Oui et alors me direz-vous ? Je me pose la question suivante : le bien-être n’est-il pas un simple reflet de notre société où il semble falloir posséder concrètement pour « se donner l’impression » d’aller mieux et d’être ? Où la forme parait plus facile, plus accessible et moins douloureuse que le fond ? Où la frustration n’est plus tolérée ? Où une interrogation doit être forcément comblé par une réponse quasi instantanée sous peine d’engendrer des insatisfactions aux conséquences agressives ? Où un écoulement nasal, une toux doivent-être immédiatement endigués par une visite chez le médecin ? Oui ? non?

Les réponses, je vous l’accorde sont complexes et multiples. Une lotion, si tentante soit-elle, ne sera jamais à même d’adoucir les maux de femmes capables d’errer (il n’y a pas d’autres mots) pendant des heures dans ce genre de salon à l’affût tout autant de tout que de rien. Tous ces comportements dont j’ai été spectatrice renvoient des malaises profonds et certainement non dicibles entre les murs de la manifestation. Dans la même veine quelques gouttes huiles essentielles n’apaiseront pas une angoisse récurrente à court terme, et ce surtout tant que les causes réelles ne sont pas en mesure d’être définies. Toutes ces illustrations sont encore présentes pour démontrer que la notion du bien-être reste propre et intime à chacun.

Des prises de conscience sont, à mon avis, nécessaires pour que ce monde évolue (en mieux) et que les individus qui l’élaborent soient plus heureux et donc moins prisonniers de carcans. Je ne possède en rien la solution idéale et me fie simplement à mon expérience pour avancer ce fait aux contours d’évidences.

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