Et l'Humanité Bon Sang (Suite)

Rédigé par Nathalie LEGRAND - - Aucun commentaire

A la vue des réactions suscitées par le billet d'humeur titré « L'humanité au vitriol », j'ai longuement hésité à reprendre la plume sur ce même sujet. En effet, j'ai été surprise par le peu voire le pas de réactivité sur ce thème. Je n'avais pas envie, tel un Don Quichotte du 21e siècle, de me battre contre les moulins à vent. Et mon esprit de résistance a repris le dessus.

Alors OUI ! Mille fois OUI ! Je suis d'accord avec les retours qui ont été faits sur les réseaux sociaux. Nous vivons dans une société dans laquelle ne pas répondre à l'autre devient une normalité et ce dans de multiples cadres (personnel et professionnel).

Et NON ! Mille fois NON ! Je ne m'y résignerai pas sans me taire et dénoncer ce phénomène comme violent. Ne pas répondre à l'autre peut tenir de l'omission pour certains, d'un manque de temps pour une majorité, de l'indifférence pour d'autres et de la normalité pour tous. Je continue à penser que ces façons d'agir renouvelées et avancées comme banales flirtent dangereusement avec le déni. Le déni de la personne, de l'autre, de son semblable et par extension de l'humanité. A travers les scandales sexuels, le harcèlement scolaire, moral, la discrimination et autres sujets qui piquent les yeux, tous les jours, les médias nous mettent sous les yeux l'étouffante concrétisation du déni de l'autre.

Je suis, à travers de tels exemples, peut-être à l'extrême des choses, au bout de la chaîne du mal, mais ce poison, je ne peux m'empêcher de penser qu'il prend bien ces racines quelque part. J'ai lu, dernièrement, la citation suivante « Le diable se cache dans les détails ». En voilà bien la preuve. Et puis, imaginez, si demain, dans un déni standardisé, votre maman, papa, ami(e), vous, peut-être, en maison de retraite, alité avec un esprit confus, et que vous ne pouvez-plus jour après jour communiquer avec les vôtres car le personnel soignant n'a plus pensé à disposer le téléphone à votre portée ? Que dire, que faire face à cette petite mort ? La dangerosité de la banalisation n’existe pas qu'à travers les écrans. Elle se nomme la maltraitance passive.

Avec de telles résignations, je ne peux pas faire l'économie de penser et de frémir en pensant à demain. Que sera-t-il ? Quelle forme prendra la violence ? Qui en seront les victimes ? Que sommes-nous encore capables de tolérer avant l’insupportable ?

Je poursuivrai donc, à travers mes moyens, à ne pas me résoudre à ces valeurs sociétales bien éloignées de celles qui m'ont vue grandir et dans lesquelles nous élevons nos enfants. Je résisterai pour ne pas me fondre et me confondre à ces diktats quitte à me faire considérer comme une utopiste. Je continuerai à déplorer qu'autant d'humanité et d'amour ne puissent se démontrer que sur les cadavres et dans la mémoire des victimes du terrorisme. Et persisterai donc à espérer que la bienveillance est possible, bien au-delà de la peur et de la terreur.

A travers cet écrit, loin de moi, l'idée de dénoncer le déni comme une violence première et uniquement « valable ». J'écris avec mes expériences et mon histoire qui bien sûr, vous l'aurez compris, transpire dans la sueur de mes mots.

Post-Scriptum : A travers nos pensées, nos partages, nos manières d'agir, chacun d'entre-nous est responsable de la société dans laquelle nous vivons et de ce qu'elle sera demain. A méditer !

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