Le développement personnel est-il possible dans le couple ?

Rédigé par Nathalie Legrand - - Aucun commentaire

J’avais envie pour cette nouvelle chronique d’aborder une étude de situation. L’idée m’est venue d’une publication repérée sur FB, celle d’un homme posant la question suivante : « Peut-on faire du développement personnel quand on est en couple ? ». De prime abord, l'interrogation peut paraître futile, et même apparaître comme peu intéressante. Mais en réfléchissant plus avant, elle met en avant l’avantage de savoir comment un désir d’évolution, de changement, de cheminement (à chacun d’adopter les termes qui lui conviennent) peut se présenter, voire s’imposer à et en nous.
Pour mieux comprendre, voici quelques-uns de ses propos. Dans un premier temps, cette personne exprimait le fait « qu’elle se mettait des barrières dans son couple » sans fournir plus de détails puis que, je cite « pour le bien de celui-ci ( de son couple), il fallait se libérer un jour » et prétendait enfin que la plupart des gens agissaient comme lui. Sur cet ultime point, il est envisageable d’imaginer que certainement bousculé par ses états intérieurs tout autant inconnus qu’interrogeant, cet homme se rassurait aussi bien qu'il le pouvait. En effet, penser qu’il n’était pas seul dans cette situation paraissait être, pour lui, une option réconfortante. À travers ce cas de figure, on peut voir qu’il est possible d’agir de différentes manières lorsqu’une force ancrée au plus profond de soi-même vous place au pied du mur, celui de votre prise de conscience. Cette dernière provoque alors réactions, questionnements et controverses face auxquels il n’existe pas de mode d’emploi du comment procéder. Phénomène aussi attirant que mystérieux, mais, qu’à mon avis, il serait délicat d’écarter voire d’ignorer.

Ce qui semble apparaitre dans cette illustration, c’est que l’harmonie dans ce couple s’était organisée au détriment d’un de ces sujets. Fait dont l’homme a collaboré pour dit-il « préserver un équilibre ». À ce stade, une question reste en suspend, avait-il conscience de son mal-être lors de la construction de son union ou bien l’avait-il enfouie pour d’obscures raisons conscientes ou non qui n’appartiennent qu’à lui ? Aujourd’hui, cette (sa) réalisation semble lui avoir fait comprendre qu’il n’était tout simplement pas heureux ou pour le moins pas pleinement. Quelque chose en lui et, ou, un ou plusieurs éléments extérieurs (au vu du peu d’informations, je ne peux remettre mes propos qu’à des hypothèses) sont certainement venus titiller un désir et /ou une volonté inconsciente ou non de changement.
Au-delà de cette tranche de vie, il serait possible d’imaginer que cet homme ou un autre d’ailleurs, puisse prendre son couple ( environnement sécurisant, car construit sur des repères connus) comme prétexte, pour ne rien entreprendre et ne pas agir. Fréquemment, on pense que maintenir et « se contenter » d’être dans les apparences sont des garants d’une paix sociale, familiale et amicale. Les « au cas où », « ce n’est pas le moment » ou bien encore « quand je serais plus à l’aise financièrement » deviennent alors des alibis, uniquement légitimes pour ceux qui les émettent et ceux qui y croient (ces « ceux » sont, par ailleurs, souvent les mêmes). Au fil du temps, ce « rassurisme » s’ancre dans les habitudes et il est ainsi possible pour chacun des composants du couple voire les deux, de rester figé dans des schémas sclérosants.
Comme je l’ai déjà écrit, cheminer fait non seulement bouger ses propres convictions, ébranle des agissements d’antan, mais agite aussi les lignes (réconfortantes) de fonctionnement des individus qui nous entourent. Est-ce une raison (bonne), des considérations valables pour ne rien engager ou alors avec parcimonie ? Nul, entre ces lignes, ne peut répondre. C’est à la personne concernée qu’il appartient de savoir faire face ou non à cette interrogation. Dans la même veine, entreprendre un cheminement dans l’immédiat, demain, dans quelques mois au gré d’une rencontre, d’un événement de vie ou demeurer en l’état, cela incombe uniquement à l'intéressé. Pour l’entourage, il lui revient juste de respecter ses décisions et ses manières d’agir.  À chacun sa route, à chacun son chemin.
Pour poursuivre sur la publication, cet homme parlait « d’exploser les barrières ». Le terme est fort, mais il correspond certainement à ses propres ressentis. Il n’y a pas de règle pour avancer. Oui, il est possible d’adopter des comportements radicaux (là encore, la personne ne le vivra pas sans doute pas comme tel) tels qu’un déménagement, une séparation, un changement de profession, mais peut tout autant faire le choix de composer (cf. mon livre La Quête de la Liberté intérieure) en  refusant, par exemple, de participer au repas de famille, en espaçant ses sorties avec des amis pour privilégier du temps pour elle, etc. En agissant de cette manière, il est, toutefois indispensable de déterminer si ces attitudes peuvent être perçues telles des demi-mesures, ne masquant pas une attente d’amour quelconque, des peurs résiduelles ou bien encore un manque, un abyme à combler, bref un pan de soi à réfléchir. En ce sens, il est nécessaire de bien comprendre que dès lors ou l’on brandit des justifications pour ne pas voir les signaux (d’alerte) et, ou pour ne pas entamer voire freiner un cheminement, on se conforte dans un processus de mensonge. Et que contrairement aux apparences, la personne première à qui l’on ment, c’est soi-même. On se ment par crainte, celle d’être jugé, d’être abandonné, rejetée par exemple. Il faut réfléchir sur ces peurs en allant en débusquer les origines dans notre histoire (en général dans notre tendre enfance).
L’aspiration du développement personnel, que j’aime à nommer dans cette conjoncture, cheminement, s’est d’être autrement et d’appréhender le monde de manière différente. Cette quête amène sans aucun doute vers le bonheur et l’apaisement. S’il m’est important de préciser ce fait, c’est qu’il faut bien assimiler « qu’être autrement » est valable dans tous les domaines de l’existence. Il est, en effet, compliqué de comprendre que l’on puisse agir diversement dans la sphère familiale par exemple que dans l'espace amical, on ne parlerait pas ainsi de développement personnel, mais bien d’adaptation en fonction des situations et des contextes.
Alors, s’il y avait une conclusion à amener à cette publication, elle se résumerait à une question. Qu’est-ce que vous souhaiteriez profondément, intimement ?

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