Le point d’interrogation en question

Rédigé par Nathalie Legrand - - Aucun commentaire

Nous Vous Ils n°3

Ce billet d’humeur est le troisième d’une série dont le nombre n’est jusqu’à aujourd’hui non définie. Tous sont le résultat du regard que je porte sur notre société, ils sont rédigés dans une volonté d’amener chacun d’entre-nous à la réflexion, d’où le sous-titre « Nous. Vous. Ils. ».

Il n’a pu échapper à personne que de plus en plus de journalistes font usage du point d’interrogation, fier et droit. Il s’érige en maitre à l’extrémité de l’information surtout quand celle-ci traine en son sillage un énoncé anxiogène.  

Article de 20 minutes du 03/06/2023, « Contamination aux pesticides, l’eau du robinet va-t-elle nous tuer ? », de la même journaliste « Sécheresses, chaleurs, va-t-on bientôt mourir de soif ? ». Sans doute que le gaillard rondouillard est employé dans l’objectif de dédouaner l’auteur de l’article susceptible d’être accusé de vouloir éparpiller les graines de l’alarmisme aux quatre coins des foyers. Grâce à son emploi, il peut ainsi s’exonérer d’une telle volonté et prétendre l’avoir brandi uniquement dans sa fonction première, celle de questionner. L’argumentation est candide tout autant que la ficelle est grosse. Si la légitimité de cette ponctuation est bien l’interrogation, logé dans les intitulés ci-dessus tel un invité à demeure, il parait être utilisé dans l’objectif d’amoindrir l’effet angoissant de l’énoncé et d’estomper la signification stressante de son contenu. Il sert ainsi de prétexte en rendant l’information incertaine, mais n’enlève rien à son caractère préoccupant. Le faire valoir en guenille devient ainsi un outil de manipulation utilisé par des médias dont une majorité est biberonnée au sensationnalisme.

Et puis, il va sans dire que la fabrication de ces formulations anxiogènes, avec ou sans ponctuation, a pour but d’attirer l’œil, et ce afin de le faire plonger dans les tréfonds de l’article aux dizaines de lignes noircies.

Ces libellés sont susceptibles de véhiculer tout autant le flux des maux en réactivant chez certains individus des souvenirs douloureux. En effet, l’illustration de l’énoncé avançant la crainte de mourir de soif est en mesure de faire du bouche-à-bouche à celle véhiculée pendant de très longs mois, celle de périr à cause du Covid.

Les origines diffèrent, mais la conséquence demeure être la même. Avoir son nom inscrit sur un lieu de sépulture. Insidieusement, les auteurs des articles alimentent sans cesse des angoisses de mort et maintiennent ainsi les esprits dans des anxiétés quasi permanentes ce qui les rend vulnérables et par extension corvéables à merci. Pour ces mêmes personnes fragiles, l’emploi à outrance de ce point d’interrogation a une autre vertu biaisée, celle de les entrainer dans de redoutables incertitudes mouvantes. « Si je bois l’eau du robinet, vais-je mourir ? ». Multipliés jusqu’à l’absurde, parce qu’il n’est pas rare de les voir fleurir, et ce en toutes saisons, ces interrogations déguisées en affirmations à peine voilées sont dangereuses dans la mesure où la forme interro alarmiste deviendrait la règle.

Je conclurai en disant qu’il est nécessaire d’aborder ces nouvelles avec discernement et savoir rester à l’écart des écrits de ces femmes et de ces hommes n’ayant de cesse de tremper leurs plumes dans des encres de doute et de peur. Dans la même allure, il est indispensable tout autant voire même plus de se nourrir du beau, du bien, de ce qui remplit l’âme de bonheur et accroche un sourire aux abords de nos lèvres. Ce sont des informations filantes comme les étoiles auxquelles, nous pouvons accrocher pour demain, pour après-demain, pour plus tard des vœux d’espoirs, de bonheur et de bienveillance. « Ce mardi 13 juin à Saint-Étienne, Tom, 17 ans, alerté par des cris provenant d’un immeuble, n'a pas hésité un seul instant à braver les fumées et les flammes au 3e étage du bâtiment pour sauver une mère et son enfant. (Le Progrès) ». Celle-ci n’est pas unique, cherchez, vous en trouverez de nombreuses et sans point d’interrogation !

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